Onzième voyage : l'Argentine

Borges, Bioy Casares...

VOYAGES LIVRESQUES

9/5/2026

Jorge Luis Borges

Pèlerinage

L'Argentine est une étape à part dans mon parcours de lecteur, parce qu'elle abrite Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares.

J'ai lu presque tous les écrits du premier, sa vision de la littérature m'a profondément influencé au point que je lui consacre une grande partie d'un de mes mémoires de recherche en droit. C'est également lui qui m'a initié à la littérature sud-américaine, au réalisme magique, à la Divine comédie et ses descriptions des Milles et une nuits ainsi que de l'œuvre de Swendenborg peuvent revendiquer une très solide partie de la paternité de l'idée de Voyages livresques. Encore aujourd'hui, lorsque j'essaie de formaliser ma compréhension de la littérature, et pas seulement, je me réfère à Borges. Même sa vie m'apparaît comme un mythe, un mythe de la littérature. 

En ce qui concerne Bioy Casares, j'estime qu'il a écrit le meilleur roman qui soit : Le songe des héros. Ce roman est un peu ma malédiction, depuis cette lecture, dès que j'entends qu'une œuvre s'inscrit dans le réalisme magique, j'espère retrouver les sentiments qu'il m'a procurés, mais cela n'arrive pas. Les autres romans de Bioy Casares sont excellents, mais aucun ne se hisse aux hauteurs du Songe des héros.

Ce voyage livresque sera pour moi un pèlerinage, je vais me rendre dans les monuments littéraires argentins indiqués par Borges. 

Pour la partie historique, j'ai feuilleté Amérique latine. Introduction à l’Extrême‑Occident d'Alain Rouquié suite à une réflexion pendant les lectures d'Antigua-et-Barbuda, mais ce n'était pas adapté ici. Finalement, je ne lirai que l'Histoire de Buenos Aires de Carmen Bertrand, ce qui me convient bien : Buenos Aires est une des capitales mondiales de la littérature.

Pour les œuvres, j'ai retenu principalement des livres mentionnés par Borges lors de ses cours, de ses conférences ou dans ses essais :

  • Facundo, de Domingo Faustino Sarmiento, qui est l'œuvre fondatrice de la littérature gaucho. Par ailleurs, pour l'accompagner j'ai à ma disposition Mémoire sur la pampa et les gaucho de Bioy Casares.

  • Tout n'est pas veille lorsqu'on a les yeux ouverts, par Macedonio Fernández, le maître à penser de Borges

  • Les forces étranges, Leopoldo Lugones

  • Adán buenosayres, Leopoldo Marechal

  • Et évidemment Martín Fierro de  José Hernández, texte dont Borges fera l'éloge toute sa vie, ne manquant jamais une occasion de le citer. A noter que c'est un texte remarquablement difficile à trouver en français, j'ai dû faire venir le livre de Suisse, et il s'agit d'une édition spéciale polyglotte avec une couverture en bois, le genre d'édition que l'on trouve plutôt chez les bibliophiles normalement, mais c'est une des deux seules traductions françaises à ma connaissance. Cette lecture sera accompagnée de l'essai que Borges lui a consacré, Le Martín Fierro,  un des rares textes de lui que je n'ai pas encore lus.

Je ne voulais pas laisser de côté la littérature argentine contemporaine, que je ne connais pas, j'ai donc retenu deux romans de Juan José Saer : Le fleuve sans rives  et L'enquête. Point de vue poésie, mon choix s'est porté sur l'ouvrage coordonné par José Muchnik et Nicole Barrière, Traversées poétiques, poètes argentins d'aujourd'hui.

Pour terminer, je me serais trahi si j'avais laissé le peuple Guaranis de côté, que j'ai découvert grâce aux études de Pierre Clastres. Je n'ai pas trouvé de livres écrits directement par des guaranis et traduits en français, mais j'ai au moins les Contes guarani de Constante Aguer, qui a reçu des distinctions de la part des communautés guaranis d'Argentine. 

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