Huitième voyage : l'Angola

Excursion en Afrique lusophone

VOYAGES LIVRESQUES

7/7/2026

Colonisation et guerre civile

Comme beaucoup de pays d'Afrique, les éléments centraux de l'histoire de l'Angola sont composés de la vie sous la colonisation et de guerres civiles.

En première approche, deux points sont saillants. L'Angola est un des cinq pays lusophones d'Afrique, et le plus peuplé parmi eux. Bien entendu, c'est le fruit des quatre siècles de colonisation portugaise. Second point, l'Angola est dirigée depuis 1975 (date de son indépendance) par un parti communiste, le Mouvement populaire de libération de l'Angola, également parti unique jusqu'en 1992. Pour le premier point, je me demande si des parallèles avec l'Algérie peuvent être fais sur le rapport à la langue du colonisateur, et sur le second, avec l'Albanie.

Du point de vue littéraire, je viens avec l'expérience de l'Afrique du Sud, et je sais qu'il est peine perdue de chercher un livre par langue du pays, soit 38 langues bantoues en plus du portugais. Pour être honnête, j'ai cherché, mais le pays semble avoir déjà eu une production relativement faible, même en portugais (langue maternelle de 71% des habitants) ce qui est compréhensible avec les nécessaires luttes pour l'indépendance puis la guerre civile, contextes peu propices à l'écriture. Pour illustrer, j'ai essayé de trouver des textes Umbundu, 5,9 millions de locuteurs en Angola, et je n'ai rien trouvé.

Ainsi, mon corpus angolais est finalement assez réduit.

Pour l'histoire, j'ai retenu Histoire de l'Angola, de 1820 à nos jours, de David Birmingham et publiée en 2015. Birmingham est un des auteurs de référence sur l'histoire de l'Angola, peut être un des seuls traduits en français également. Son livre est relativement récent, je vais toutefois le coupler avec L'Angola de A à Z de Daniel Ribant, qui n'est certes pas universitaire, mais qui semble actif dans la vie angolaise, et dont le propos est plus concentré sur la période contemporaine, qui m'intéresse particulièrement puisque l'indépendance de l'Angola est très récente.

Ensuite, dans mes recherches, j'ai découvert cette règle d'or : dans la littérature angolaise, on ne contourne pas Pepetela. Combattant lors de l'indépendance, membre du parti communiste ayant pris le pouvoir en 1975, il remporte le prix Camões en 1997, le plus haut en matière de littérature lusophone. Un de ses objectifs est de fédérer les peuples de l'Angola pour créer un peuple angolais. J'ai choisi une de ses rares œuvres traduites en français, La génération de l'utopie, publiée en 1992, racontant la désillusion d'une jeunesse après l'indépendance pour laquelle Pepetela a luttée. Sa biographie et la description de son style m'intriguent, si La génération de l'utopie me plait, j'irai sans doute lire ses œuvres traduites en anglais.

Une autre figure littéraire de l'indépendance est José Luandino Vieira, né portugais mais ayant grandi dans les quartiers de Luanda. Il s'engage très tôt en faveur de l'indépendance de l'Angola, et passera plus de 10 ans en prison pour cela. Membre actif du parti communiste, il cofonde et préside longtemps l'Union des écrivains angolais (dont je n'ai pas trouvé de traces exploitables). Lui aussi est lauréat du prix Camões, mais le refusera en se considérant comme un écrivain mort lorsqu'on le lui proposera. Littérairement, il utilise beaucoup la langue kimbundu, un point fort pour Voyages Livresques. J'ai choisi Nous autres, de Makulusu, publié en 1974, après sa sortie de prison mais avant l'indépendance, où il raconte la vie dans le quartier populaire de Makulusu.

Et enfin, José Eduardo Agualusa. Certes moins haut en couleur que les deux précédents, il dédie sa vie à la littérature lusophone. Il a lui-même beaucoup publié, fondé une maison d'édition au Brésil et participe à la création d'une bibliothèque publique sur l'ile de Mozambique. On peut trouver sur le site des éditions Métailié qu'il est persona non grata en Angola à cause de ses idées, mais l'information est imprécise, impossible à confirmer, impossible à sourcer, que je n'ai pas retrouvée dans d'autres langues, ce qui m'amène à penser à une exagération marketing d'un fait anodin (si ce n'est un mensonge). De lui, j'ai pris Le marchand de passé, un peu au hasard, sachant qu'il n'a pas réellement une œuvre phare, puisqu'il est plutôt reconnu pour l'ensemble de son travail.

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